En ces temps troublés à la Martinique, je me suis demandée, comme beaucoup, comment aborder cette étape, comment ne pas céder aux pressions négatives de l'anxiété et des interrogations sur nos lendemains, Comment mieux comprendre les blocages pour les dépasser . J'ai trouvé utile de me rappeler ce présupposé de la PNL (Programmation neuro-linguistique) , qui veut que "chaque individu quoiqu'il fasse, fait le meilleur choix parmi ceux dont il est conscient, c'est à dire, les meilleurs choix disponibles dans son modèle du monde.la difficulté n'est pas qu'il fait le mauvais choix, mais qu'il n'a pas suffisamment de choix"(GRINDLER et BANDLER).

Comment découvrir et faire découvrir d'autres choix que la haine et la violence ? Comment construire sans détruire ? Il y a une grande responsabilité à mener les foules et je ne suis pas persuadée que les leaders aient toujours conscience de cette responsabilité .

Comment offrir plus de choix à tous ceux qui souffrent si fort de la crise qui nous secoue ? Entre "ne rien faire et "tout casser", il y a pour chacun d'autres choix . Ces choix, me semble-t-il dépendent de l'histoire de chacun et de ses représentations; Beaucoup d'actions sont en fait des "réactions" non réfléchies, non maîtrisées, vers quels objectifs ?

"Il n'y a pas de vent favorable à celui qui ne sait où il va" disait déjà Sénèque . Tout le monde rêve d'un monde meilleur, d'une vie plus facile, mais les représentations que l'on s'en fait et les moyens employés pour y parvenir diffèrent.

la crise actuelle ne montre qu'une partie de l'iceberg .Les luttes initiées, sont motivées certes par des circonstances extérieures: vie chère, effondrement des marchés, chômage etc... mais le désarroi, le sentiment d'impuissance et d'injustice clairement identifiables et malheureusement surexploités par certains, sont des résurgences de sentiments anciens et profondément ancrés dans la mémoire collective; ils alimentent tous les fantasmes ouvrent la porte à tous les débordements, à tous les excès. Il ne s'agit pas de les nier, mais d'exorciser, une fois pour toutes, toutes les malédictions, les humiliations,les sentiments de culpabilité et d'infériorité qui empêchent une communauté de travailler en synergie et d'aller de l'avant. Accepter son identité, c'est d'abord tout accepter de soi-même, quitte à évoluer, si l'on ne s'estime pas tout à fait satisfait de ce que l'on est. Mais ce n'est pas non plus, se surévaluer au point de s'accrocher de façon rigide à des modes de pensée et des comportements qui ne sont plus adaptés à notre époque . Accepter enfin, sous peine de perdre notre âme, et ce qui fait notre humanité, de nous regarder en face et de regarder l'autre, nous permettra sans doute de découvrir avec bienveillance et une certaine émotion , que, au-delà de ses particularités, l'autre nous ressemble, qu'il a les mêmes émotions et les mêmes désirs.

Mais pour faire place à cette tolérance, à cette mesure, à cette clarté, il est un préalable: reconnaître et éradiquer, la peur, la défiance et les représentations erronées. C'est le défi auquel nous sommes confrontés. le chemin est difficile et l'objectif ne sera pas atteint par une route rectiligne, car chacun avance à son rythme, avec des avancées et des reculs.

La nature nous montre l'exemple. Inutile de tirer sur une plante pour la faire pousser! Mais je suis persuadée qu'il existe dans nos communautés, des hommes et des femmes de bonne volonté qui sont prêts à relever le défi. Seulement, il faut bien l'avouer, nous ne savons pas comment nous y prendre. Nous ne pourrons pas nous replier sur nous-mêmes, et pour nous ouvrir à l'extérieur sans nous perdre, nous avons besoin de l'expérience de tous . Et si nous voulons vraiment le bien de tous et vivre en accord avec le monde d'aujourd'hui, Il me semble urgent d'y réfléchir. Avec espoir Catherine